L'essentiel
- Les muscles traités (frontal, corrugateurs, procerus, orbiculaire de l'œil) entourent l'orbite et les paupières.
- Le risque propre à ces zones est une chute transitoire de la paupière (ptosis) ou du sourcil, classée « fréquente » dans le résumé des caractéristiques du produit.
- Un examen du regard avant l'injection (paupières, sourcils, clignement, sécheresse oculaire) permet d'adapter le traitement, ou d'y renoncer.
- L'ophtalmologie fait partie des cinq spécialités autorisées à prescrire la toxine botulique à visée esthétique.
- Cette approche ne garantit pas un résultat, qui reste variable selon chaque patient.
Une même région anatomique : l'œil, les paupières et le sourcil
Les trois zones traitées au cabinet correspondent à quatre groupes de muscles qui encadrent le regard :
- le muscle frontal, seul muscle qui élève les sourcils (rides du front) ;
- les corrugateurs et le procerus, qui rapprochent et abaissent les sourcils (ride du lion) ;
- l'orbiculaire de l'œil, muscle en anneau qui ferme les paupières et participe au clignement (pattes d'oie).
Juste à côté, dans l'orbite, se trouve le muscle releveur de la paupière supérieure, qui ouvre l'œil. Il n'est pas une cible du traitement, mais c'est lui qu'il faut protéger : si la toxine diffuse jusqu'à ce muscle, la paupière peut tomber de façon transitoire.
L'anatomie de l'orbite et des paupières, et les maladies de cette région (paupière tombante, sécheresse oculaire, troubles du clignement, asymétries), font partie de la formation et de l'activité courante du chirurgien-ophtalmologue.
La prudence autour de la paupière
Le résumé des caractéristiques du produit (RCP) d'une toxine botulique autorisée pour ces trois indications donne des consignes précises pour limiter le risque de chute de la paupière1 :
- pour la ride du lion, éviter les injections à proximité du releveur de la paupière supérieure et injecter les corrugateurs à au moins un centimètre au-dessus de l'arcade sourcilière, un doigt placé sous le rebord de l'orbite ;
- pour les pattes d'oie, injecter en dehors de l'orbite, du côté de la tempe, à distance de sécurité du muscle qui élève la paupière, l'aiguille orientée à l'opposé de l'œil ;
- pour le front, rester nettement au-dessus du sourcil (au moins 2 cm pour la ligne de points la plus basse) ;
- dans tous les cas, ne pas dépasser la dose par point ni le nombre de points recommandés.
Malgré ces précautions, la ptôse de la paupière reste listée parmi les effets indésirables « fréquents » dans les études (entre 1 et 10 personnes traitées sur 100). Dans les études où le front et la ride du lion étaient traités ensemble, elle apparaissait en médiane 9 jours après l'injection1. Elle est transitoire et régresse en quelques semaines. Ce que l'on sait de son évolution est détaillé dans l'article paupière tombante après botox.
L'examen du regard avant l'injection
Le RCP demande d'étudier l'anatomie de chaque patient, y compris les modifications liées à d'anciennes interventions chirurgicales, avant d'injecter1. Pour ces zones proches de l'œil, la consultation porte notamment sur :
- la position des paupières : une paupière supérieure déjà basse, ou un excès de peau qui la rend lourde ;
- le front « compensateur » : chez certaines personnes, le muscle frontal se contracte en permanence pour dégager le regard ; le détendre peut alors alourdir la paupière ;
- la position et la symétrie des sourcils, au repos et en mouvement ;
- la fermeture des paupières et le clignement, et une éventuelle sécheresse oculaire, à prendre en compte pour les pattes d'oie ;
- les antécédents : chirurgie des paupières ou des yeux, port de lentilles (voir botox, lunettes et lentilles), défaut visuel non corrigé qui entretient le froncement.
Selon ce que montre l'examen, le médecin peut adapter les points et les doses, proposer de ne traiter qu'une partie des zones, ou déconseiller l'injection. Les autres contre-indications sont détaillées dans l'article contre-indications de la toxine botulique.
Ce que cela ne change pas
Le produit, les doses de référence et les règles de sécurité sont les mêmes quel que soit le médecin. En France, la prescription des toxines botuliques à visée esthétique est réservée à cinq spécialités : chirurgie plastique, dermatologie, chirurgie de la face et du cou, chirurgie maxillo-faciale et ophtalmologie2. Être ophtalmologue n'est pas une garantie de résultat, et le résultat reste variable selon chaque personne. C'est un éclairage particulier sur la région de l'œil, utile pour informer et décider.
Au cabinet, à Paris 16e
Le Dr Yoni Gozlan, chirurgien-ophtalmologue, limite les injections de toxine botulique à trois zones : front, ride du lion et pattes d'oie. Chaque séance commence par une consultation, et un contrôle est prévu vers le 15e jour. Tarifs : 300 € pour 1 zone, 350 € pour 2 zones, 400 € pour 3 zones (détail des tarifs).
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À lire aussi
Sources
- ANSM – Résumé des caractéristiques du produit d'une toxine botulique de type A à visée esthétique (Vistabel®) — https://agence-prd.ansm.sante.fr/php/ecodex/rcp/R0437849.htm
- Base de données publique des médicaments – conditions de prescription — https://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/medicament/68150775/extrait
- ameli.fr – Toxine botulique : contre-indications et effets indésirables — https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/injection-de-toxine-botulique/toxine-botulique-en-injection-les-contre-indications-d-utilisation-et-les-effets-indesirables
